Celtisme au XXIe siècle : quels usages politiques, culturels et sociaux ?

Autrice : BCD / avril 2026 BCD">
BCD et la Chaire Territoires et mutations de l’action publique (TMAP) ont organisé le 6 novembre 2025 une conférence et une table-ronde à Sciences Po Rennes sur la thématique du celtisme au XXIe siècle. Elle a permis d’interroger la construction et les usages contemporains de la notion de « celte, celtisme » (et les débats, parfois passionnés, qu’elle peut susciter), de voir comment et pourquoi cette « identité celtique » peut en Bretagne, en Irlande, en Écosse ou encore au pays de Galles, constituer un levier de développement au niveau politique, culturel et social, et plus largement d’interroger les relations entre culture et politique dans les pays revendiquant une identité « celtique ».

 

Si c’est surtout dans le domaine culturel et celui du marketing qu’apparait le terme de « celtique », on peut remarquer que, en Bretagne au moins, il apparait aussi aujourd’hui dans le domaine politique, comme en témoigne l’usage du terme de « diplomatie celtique » par le conseil régional de Bretagne.

Au-delà de l’appel à un imaginaire culturel, identitaire et historique, la référence politique au celtisme n’est-il pas aussi d’ordre géographique, voire géopolitique, relevant de la « périphéricité » ? Les pays celtiques constituent en effet la périphérie nord-ouest, atlantique, de l’Europe. Dans cette perspective, plus qu’une référence au passé, le concept de celtique pourrait renvoyer à l’actualité d’un conflit centre-périphérie voire à un anti-impérialisme. C’est l’usage qu’en faisait par exemple le président irlandais Michael Higgins, lui donnant même un contenu social.

Toutefois, si la référence au celtisme peut soulever des passions il peut aussi susciter du scepticisme voire de l’hostilité. Ce qui peut créer des crispations, voire des polémiques, comme celle autour de l’exposition « Celtique ? » du musée de Bretagne en 2022. Mais l’anti-celtisme est-il un antinationalisme ou au contraire une expression d’un nationalisme majoritaire (banal, au sens de Michael Billig, et donc invisible en tant que nationalisme) ?

S’il semble acquis qu’il n’y a pas de continuité entre les Celtes de l’antiquité et les références contemporaines au celtisme, que le celtisme est plus un imaginaire qu’une filiation, doit-on pour autant abandonner cette notion ? Le celtisme n’est-il pas un imaginaire créatif ? Voire un imaginaire performatif ? En effet, aujourd’hui le terme de celtique ne veut pas rien dire. Il est devenu, a minima, un cadre d’interprétation. Qu’on pense à la musique celtique par exemple.

Au final, peut-on encore utiliser le terme de celtisme au XXIe siècle ? Avec un point d’interrogation ? Avec un point d’exclamation ? Ce sont à tous ces enjeux et toutes ces questions que se confrontent les intervenants.

 

AVEC :

- Michael Keating : Professeur émérite à l’Université d’Aberdeen

- Aziliz Gouez : Conseillère régionale de Bretagne et Vice-Présidente de Nantes métropole, ancienne plume du Président de la République d’Irlande

- Gaël Hily : Docteur en littératures celtiques médiévales

Une table-ronde animée par : Tudi Kernalegenn, directeur de Bretagne Culture Diversité

Proposé par : Bretagne Culture Diversité