Philippe-Emmanuel de Lorraine, Duc de Mercoeur (1558-1602)

Auteur : Tudi Kernalegenn / novembre 2016

Portrait du duc de Mercoeur, en buste, de 3/4 dirigé à gauche, dans une bordure ovale sur laquelle on lit : Philip : [estampe] Crédit : Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, RESERVE FOL-QB-201 (13)

Issu d’une grande famille de la noblesse, il doit son ascension à la protection d’Henri III, qui a épousé sa sœur, Louise de Lorraine. Le roi favorise son mariage avec Marie de Luxembourg, héritière du riche apanage des Penthièvre et donc descendante des ducs de Bretagne, et dont le père fut gouverneur de Bretagne entre 1562 et 1569. Henri III lui cède le gouvernement de Bretagne en 1582, à seulement 24 ans, espérant pouvoir compter sur un allié fidèle en Bretagne en ces temps troublés de guerre civile.

Mais Mercœur est également un cousin des Guises, branche cadette de la famille de Lorraine, et animateurs de la Ligue catholique. L’assassinat, sur ordre d’Henri III, du duc de Guise et de son frère le cardinal de Lorraine, le 23 décembre 1588, amène Mercœur à s’engager progressivement du côté de la Sainte Ligue, faisant entrer la Bretagne dans la guerre civile. Globalement en effet, la Bretagne suit son gouverneur et passe dans le camp de la Ligue, à quelques exceptions notables, telles que Rennes, Vitré ou Brest.

Mercœur est révoqué de son poste de gouverneur en avril 1589, mais le roi a perdu la province et Mercœur continue à se considérer comme le gouverneur légitime. Il met alors en place une administration bretonne autonome à Nantes, concurrente de celle du roi. Il se dote d’un véritable conseil de gouvernement, convoque les États de Bretagne, installe un Parlement.
Il s’allie avec Philippe II d’Espagne. Il obtient par ce biais un soutien militaire de 7 000 hommes ainsi que d’importants subsides. Avec l’aide espagnole, il bat l’armée d’Henri IV en mai 1592, à Craon, dans le Maine.

Après la conversion d’Henri IV au catholicisme en 1593, il se trouve toutefois de plus en plus isolé. Il se soumet finalement à Henri IV par un traité signé à Angers le 20 mars 1598. Il renonce au gouvernement de la Bretagne en échange de plus de quatre millions de livres, une somme faramineuse, et au mariage de sa fille à César de Bourbon, duc de Vendôme, fils bâtard d’Henri IV, qui devient à son tour gouverneur de Bretagne. Mercœur laisse une Bretagne ruinée par près de dix ans de guerre civile et part en Hongrie combattre les Turcs. Il meurt à Nuremberg en 1602.

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Auteur : Tudi Kernalegenn, « Philippe-Emmanuel de Lorraine, Duc de Mercoeur (1558-1602) », Bécédia [en ligne], ISSN 2968-2576, mis en ligne le 14/11/2016.

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