La disparition des landes

Auteur : François de Beaulieu / mai 2017
Sous l’Ancien Régime, les landes appartenaient aux seigneurs, aux abbayes ou au roi. Moyennant une redevance assez faible, les riverains pouvaient les utiliser pour de multiples usages. À la Révolution, les communes et parfois les villages devinrent propriétaires de ces « communs ».

L’écluse de Pont-Augan, tableau de Lucien Pouëdras (www.lucienpouedras.fr) - Le réseau des chemins de fer et des canaux a contribué à faire pénétrer les engrais indispensables à la mise en culture des landes au plus profond de la Bretagne.

Sous l’influence des agronomes anglais, des expériences de mise en culture et de boisement se développèrent au début du XIXe siècle et purent s’appuyer bientôt sur l’apparition et la diffusion d’engrais adaptés tels que les guanos du Chili. Avec pour objectif d’inciter à la mise en culture, des lois ont imposé, malgré de nombreuses résistances, le partage des landes à partir de 1850. Dans certains cas, les riverains purent acquérir ensemble de petites parcelles et maintenir les pratiques collectives mais les défrichements progressèrent rapidement.

La mécanisation des années 1950 accéléra le mouvement. Les bonnes landes qui n’étaient pas mises en culture étaient vouées à l’enrésinement puisque les usages anciens disparaissaient. Toutefois, dans les monts d’Arrée, des agriculteurs ont maintenu jusqu’à nos jours des pratiques de fauche et, parfois, de pâturage. Ils ont ainsi préservé un milieu particulièrement original et beaucoup plus diversifié que ne le laisse croire une traversée en voiture.

La valeur écologique et patrimoniale des landes est aujourd’hui au cœur des actions de préservation engagées depuis le début des années 1980. Les réserves naturelles régionales, les espaces naturels départementaux et les réserves associatives constituent désormais un important réseau contribuant à la protection des landes bretonnes et à des expériences de gestion originales.

 

Proposé par : Bretagne Culture Diversité