L’Accueil des demandeurs d’asile en Bretagne

Auteur : Anne Morillon / décembre 2016

Syrie, Irak, République Démocratique du Congo, Nigéria, Guinée, Soudan, Erythrée, Fédération de Russie, Ukraine… autant de pays dont la situation de guerre civile, les persécutions des minorités ethniques et religieuses, des opposants politiques génèrent aujourd’hui un grand nombre de réfugiés. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, en 2013, le nombre de réfugiés, de demandeurs d’asile et de personnes déplacées à l’intérieur de leur pays a dépassé les 50 millions de personnes à travers le monde. En 2014, la France, quant à elle, a reconnu le statut de réfugié à 14 589 personnes. Au 31 décembre 2014, 193 552 personnes étaient placées sous la protection de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

Comme l’ensemble du territoire français, la Région Bretagne connaît une importante augmentation du nombre de demandeurs d’asile depuis le début des années 2000 (multiplié par trois entre 2000 et 2012). Cela se traduit par l’ouverture de nouveaux centres d’accueil dans des petites villes qui, jusque-là, n’avaient que peu eu l’occasion de côtoyer des réfugiés. Les uns, invoquant la tradition d’accueil de la Bretagne, se mobilisent pour leur venir en aide, tandis que les autres, craignant que cette nouvelle population ne génère des problèmes, manifestent leur hostilité. Quoi qu’il en soit, en dix ans la capacité d’accueil des demandeurs d’asile a doublé, même si elle ne couvre pas tous les besoins : la Bretagne compte désormais douze centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) et un centre provisoire d’hébergement (CPH) pour un total de 950 places. Mais avant d’être admis dans un CADA, ils sont nombreux (près des trois quarts) à avoir recours au dispositif d’urgence (type 115). Un des enjeux de la réforme votée en juillet 2015 est de raccourcir tant le délai de traitement des demandes d’asile que le séjour passé en CADA pour protéger plus rapidement ceux qui en ont besoin, mais aussi faciliter le renvoi de ceux qui auront vu leur demande rejetée.

Sources : UNHCR, Ofrpa, DRJSCS Bretagne.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité