Les Plouviennois et leurs morts (XVIIe- XVIIIe siècles)

Auteur : Victorien Leman / février 2020

La chapelle Saint-Jaoua est érigée au cœur d’un vaste enclos cémétérial. Celui-ci est délimité par un mur dont l’entrée principale, en direction du bourg de Plouvien, est marquée par quatre piliers supportant des croix. Pourtant, aux xviie et xviiie siècles, les paroissiens semblent très largement privilégier l’intérieur de la chapelle plutôt que l’enclos. Ronan Abiven, s’appuyant sur les registres paroissiaux, recense ainsi 501 mentions de sépultures, dont 70 dans le cimetière et 431 à l’intérieur de la chapelle. Ces sépultures concernent toutes les catégories sociales, des nobles fondateurs qui se font volontiers enterrer dans la chapelle Saint-Laurent ou de Keraliou, aux paysans habitant à proximité. Sous la contrainte d’une réglementation royale de plus en plus coercitive, les inhumations s’arrêtent à Saint-Jaoua après 1752. L’espace de l’enclos peut aussi servir en des circonstances exceptionnelles. Ainsi, l’épidémie de peste qui sévit à Plouvien entre le 14 juillet 1642 et le 26 novembre 1643 entraîne le décès de 67 personnes qui sont toutes, sans exception, inhumées au cimetière de Saint-Jaoua ; dans un souci sans doute prophylactique, aucune inhumation de pestiféré n’a lieu dans le cimetière paroissial. Toutefois, la taille importante de l’espace délimité par l’enclos cultuel invite à supposer que l’espace du cimetière a pu recevoir, pendant le Moyen Âge et vraisemblablement jusqu’au xvie siècle, un volume assez conséquent de sépultures, dont ne se font pas écho les textes et les pratiques d’inhumations postérieures.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité