Sacrifier du bronze : les dépôts métalliques non funéraires

Auteur : Muriel Fily / octobre 2017

Une des pratiques les plus caractéristiques des communautés de l’âge du bronze en Europe est l’enfouissement d’objets métalliques sous la forme de dépôts, disposés en terre ou placés dans des endroits humides (tourbières, cours d’eau, etc.). Rares au début de la période, ces dépôts vont se multiplier au cours de l’âge du bronze.

Ces dépôts, regroupant de quelques objets à plusieurs centaines, sont souvent enfouis dans le sol, soit directement en terre dans une fosse creusée, soit dans un vase ou dans un contenant organique (sac ou boîte). On en découvre plus rarement dans des rivières. Ils peuvent être constitués d’armes (épées, pointes de lance, poignards), d’outils (haches, gouges, ciseaux, racloirs), de parures (bracelets, perles), d’éléments de métallurgie (lingots, déchets de fonderie), de pièces d’harnachement et de chars, et parfois d’éléments de toilette (rasoirs, pinces à épiler). Les objets sont enfouis neufs ou abîmés et parfois ratés ou à l’état d’ébauche. Ils sont cassés ou entiers. Nombre d’entre eux ont subi des dégradations volontaires avant leur placement en terre.

Pendant longtemps, on a privilégié l’hypothèse de simples stocks de métal destinés à la refonte, et enfouis avec pour objectif de les reprendre par la suite. Aujourd’hui, l’hypothèse de dépôts rituels est la plus admise, car il semble que ces objets aient été détournés du circuit économique. Étaient-ils offerts à des divinités ou aux ancêtres pour les honorer, ou dans l’espoir d’une bonne récolte, ou d’un dénouement heureux pour un évènement important de la communauté ?

Sélection d’objets des dépôts de Kergaradec à Gouesnac’h (Finistère), datés de la fin de l’âge du Bronze (950-800 av. n. è. ; clichés M. Mélin, C. Le Carlier).

Proposé par : Bretagne Culture Diversité