Sans-Pitié et Sans-Quartier

Auteur : Kévin Porcher / juillet 2020

Le Sans-Pitié, le navire de Thomas Dulain, est manœuvré par 120-130 pirates et armé de 12 canons ainsi que 12 pierriers (petit canon sur pivot), ce qui lui donne une puissance de feu tout à fait respectable au regard des autres navires circulant dans les Caraïbes. En effet, la plupart des bateaux antillais ne sont pas armés et les navires marchands venant d’Europe ont une dizaine de canons pour une trentaine de marins. En comparaison, les navires pirates sont équipés de 16 canons et de 120 hommes d’équipage en moyenne. Comme la plupart des bateaux pirates, le Sans-Pitié est sans doute un cotre, une goélette ou plus sûrement un brigantin, c’est-à-dire un navire disposant de deux mâts munis de voiles carrées et de voiles auriques. Ces types de navire allient des capacités offensives à des qualités voilières favorisant la maniabilité et la vitesse (estimée de 9 à 14 nœuds), les caractéristiques les plus recherchées par les pirates.

Par la suite, Dulain capture un autre navire qu’il nomme Sans-Quartier et qu’il confie à l’un de ses seconds, Garnier. Nous avons peu d’informations sur le Sans-Quartier, mais il s’agit vraisemblablement d’un bateau plus petit. De nombreux pirates disposent effectivement de plusieurs navires. Certains ne sont conservés que quelques jours, souvent pour transporter des marchandises volées ou des prisonniers dans l’attente de leur libération. L’entretien de ces navires est difficile sans port d’attache et c’est donc à bord de leurs prises que les forbans se fournissent en matériel (agrès, apparaux, outils…) et en ravitaillement. En effet, les pirates sont des marins en marge de la société qui ne peuvent compter que sur la mer pour prélever, agressivement, les moyens de leur subsistance.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité