L’épreuve phare du calendrier breton : la Bretagne Classic

Auteur : Yves-Marie Evanno / juin 2021

Lancé en 1931 par le docteur René Berthy, le Circuit international de Plouay connaît une ascension rapide dans la hiérarchie des courses bretonnes. Au fil des années, l’épreuve se structure au point d’attirer des pointures nationales. Ainsi, en 1938, se présentent au départ Jean-Marie Goasmat, René Le Grevès, Pierre Cogan, le champion de France Paul Maye ou encore l’ancien champion du monde Georges Speicher. Mise en sommeil durant la Seconde Guerre mondiale, l’épreuve peine à séduire au sortir du conflit. En 1975, elle arrive à bout de souffle. Seuls 17 concurrents se présentent sur la ligne de départ de l’édition remportée par Cyrille Guimard devant 10 000 personnes.

Suite à cette déconvenue, une nouvelle équipe, menée par Jean-Yves Perron, se charge de relancer la course. Trois ans plus tard, le travail accompli permet déjà d’attirer 45 000 spectateurs. Mais c’est bien le partenariat signé en 1982 avec Ouest-France, premier quotidien de France, qui permet d’offrir une nouvelle ampleur à la course. Accueillant 70 000 spectateurs en 1984, l’épreuve attire plus de 300 000 supporters à la fin des années 1990. Les vainqueurs prestigieux se succèdent à l’image de Sean Kelly, de Luc Leblanc, d’Andreï Tchmil ou encore de Michele Bartoli. Une telle réussite permet d’élever le Grand Prix Ouest-France au troisième rang de la hiérarchie des classiques françaises derrière Paris-Roubaix et Paris-Tours. Le travail du Comité des fêtes est également récompensé par l’organisation des championnats de France en 1984 et, surtout, des championnats du monde en 2000. La joie des organisateurs est malheureusement entachée par le décès, quelques mois plus tôt, de Jean-Yves Perron.

Les championnats du monde semblent marquer un tournant pour la classique bretonne. Le nouveau tracé du parcours, avec une victoire qui se joue désormais dans le bourg, pénalise le spectacle en privilégiant les arrivées en groupe. Aussi, malgré l’obtention du label « Pro Tour » en 2005, le Grand Prix Ouest-France souffre de plus en plus de la concurrence internationale, notamment du Tour d’Espagne. Si les meilleures équipes sont présentes, leurs leaders se font plus discrets. En conséquence, les organisateurs modifient régulièrement le parcours pour le rendre plus dynamique. Puis, en 2016, les organisateurs opèrent un changement stratégique. Désormais nommée Bretagne Classic, la course traverse la péninsule armoricaine afin d’offrir de plus de « belles images » aux diffuseurs. Pourtant, en 2019, l’épreuve est à deux doigts de disparaître suite à l’annonce de l’arrêt de la retransmission télévisée par France-Télévision. La décennie 2020 s’annonce décisive pour la plus grande des classiques bretonnes.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité