Le démonstratif dans les langues celtiques

Auteur : Francis Favereau / août 2022

Aux démonstratifs gaulois en S (so, sosin /-sin) comme irlandais S irlandais (an fear seo /s’o/ this man /-sin that man) répond le brittonique H (cf. hal, halen, holen / sall & sel). Or le breton a, lui, deux « parents » (nos atlas le prouvent) : se (se zo gwir / n’eo ket gwir an dra-se c’est / ce n’est pas vrai) & he- (an dra-he / an dra-ze) ; à sin correspond henn (evel-henn, beteg-henn, hennezh / he(n)mañ & henhont - féminin ho(u)n- / hwn…) ; le vannetais conserve sen devant les voyelles : marsen ema peut-être est-il, neuzen e vo alors il le sera, en poher marte’n & neu’n (neuzen). Cela reste vrai des dérivés avec la même variation celto-brittonique : marteze / martese (an dra-se /-he, ar re-he /-se), martehe, martezen (matre’n) & marse, marsen ; de même, neuze (neuse, neus’) / neuhe, neuzen (neu’n)… Exemple H/S, à l’antique sucaros (aimable) et au gaélique so- (sochar) correspondent le breton he- (hegar, hegarat, Le Hégarat) et le gallois hygar, hywen (smiling) comme chez le moine Ivonet Omnès : An guen heguen (an wenn hewen - am laouenas / la Blanche aimable… me réjouit !

BIBLIOGRAPHIE

Pour en savoir plus sur Ivonet Omnès :

MORVANNOU Fañch, Regards sur 700 ans de breton écrit,p. 365-379 in Corona Monastica. Moines bretons de Landévennec : histoire et mémoire celtiques. Mélanges offerts au père Marc Simon. Louis Lemoine et Bernard Merdrignac (dir.), PUR, 2004.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité