Autrefois, pour allonger le café, on ajoutait de la chicorée, à tel point que parfois ne sortait de la cafetière que ce que l’on nommait de manière triviale du jus de chaussette, kafe sac’h, ou kafe tano, du café clair. Pendant la dernière guerre, c’était pire. On faisait du café avec des graines de lupin, des feuilles de groseillers, delioù sperod, et aussi avec de l’orge que l’on grillait dans un chaudron. Cela donnait une boisson bien pâlote, dour heiz, littéralement, de l’eau d’orge.
On raconte que pendant les années d’occupation, un habitant de Tonquédec (22) avait croisé un soldat allemand sur la place du bourg et, jouant sur le mot heil [salut], il l’avait apostrophé de cette manière en breton : « Hei(z) da Hitler ha Kafe d’ar Vretoned ! », [De l’orge pour Hitler et du café pour les Bretons !]. À Lannion, on dit aussi qu’un jour, le « Caïffa » avait demandé à un certain Louis Bonniec de lui fournir des noms de clients. Celui-ci, en bon Trégorrois, n’avait pas manqué de lui rendre ce service en allant lui copier une liste des noms figurant sur les tombes du cimetière de Brélévenez !
