Notre-Dame-sous-Terre ou les vestiges de l’abbaye du Xe siècle

Auteur : Michel Brand'Honneur / décembre 2016

La partie la plus ancienne du Mont-Saint-Michel est Notre-Dame-sous-Terre. Située sous l’église abbatiale, elle a fait récemment l’objet de recherches novatrices croisant l’analyse du bâti aux techniques scientifiques de datation.

Son plus ancien état correspond à une grande salle n’offrant aucune fondation antique. Elle s’appuie contre le rocher et son toit était charpenté. Elle remonte au Xe siècle et pourrait être vouée au culte, mais l’épaisseur de ses murs pourrait suggérer qu’il s’agit d’une tour.

Le second état du Xe siècle est caractérisé par le voûtement en pierre de la salle, sa division en deux par un mur et par l’aménagement de tribunes. Cette transformation pourrait correspondre à un premier réaménagement du monastère en attendant la reconstruction de l’église abbatiale détruite entre 991 et 1001 par un incendie.

Celle-ci a lieu entre 1023 et vers 1085 et entraîne un agrandissement du bâtiment initial avec l’adjonction de deux vestibules.
Si cette dernière modification de Notre-Dame-sous-Terre est impulsée par un abbé lié à la Normandie, les deux premières semblent être le fait d’abbés proches de la Bretagne et du Maine.

Vue du chevet de l’une des deux nefs jumelles de Notre-Dame-sous-Terre. Elle remonterait à une date entre 991 et 1001. De récentes datations ont montré que les briques utilisées pour cette construction ne sont pas des matériaux de récupération mais ont été cuites au Xe siècle - photo Marie Troboe

Proposé par : Bretagne Culture Diversité