Procès de Jeanne Le Her-Seznec

Auteur : Bernez Rouz / juin 2021

Le 3 octobre 1948, le couple Le Her se déchire devant deux témoins dans leur maison de Kergleuchard à Plourin-Ploudalmézeau. Jeanne accuse son mari François d’avoir dénoncé des gens à la Gestapo. François Le Her tente de l’étrangler, sa femme s’empare d’un revolver posé sur un meuble et lui tire trois balles dans la tête. Jeanne Seznec passe devant les Assises de Quimper le 20 juillet 1949. Elle fait l’objet d’attaques de Juliette Le Her, fille du premier mariage de François Le Her, qui l’accuse d’avoir tué volontairement son père. Guillaume Seznec témoigne contre son gendre qui avait pourtant déposé en sa faveur en 1924 : « Son témoignage m’a fait plus de mal que de bien », dira-t-il, ce qui déclenche de violents échanges entre les deux parties. La question de la préméditation occupe une place centrale dans ce procès. Le revolver sans cran d’arrêt a-t-il été posé volontairement sur la commode et par qui ? La digitaline achetée par Seznec quelques jours auparavant : était-ce pour empoisonner son gendre ?

La personnalité trouble de Le Her et la violence des attaques de sa fille Juliette, épouse d’un des fils du bagnard, emportent la conviction des jurés qui délibèrent en trois minutes. Jeanne Le Her est acquittée, à la grande joie du public.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité