Barthélemy Kerroz (1727-1805), de la mer au négoce

Auteur : Jean-Pierre Thomin / août 2019

Fils d’un maître de barque et armateur d’Argenton (Landunvez), sur la côte d’Iroise, Barthélemy Kerroz incarne la promotion par la navigation. À 23 ans, après un séjour probable en Espagne, où il apprend la langue et les affaires, il obtient le commandement du sloup Le Coureur, avec lequel il crée la ligne commerciale Landerneau-Bilbao. En 1757, les armateurs Mazurié et Fauvel lui confient Le Furet, ancien corsaire de Guernesey, pris par une corvette du roi. Après une première campagne fructueuse, où il s’empare de l’Ann de Topsham, chargé de cuirs verts et de charbon, il est capturé par un corsaire de Jersey et retenu sur l’île. De retour à Landerneau en 1758, il s’installe comme négociant, quai de Cornouaille. À la fin de la guerre de Sept Ans, en 1764, il fait construire au Conquet son premier navire, le Zéphir, un sloup de 25 tonneaux qui exploite la ligne de Bilbao. Très actif, il s’enrichit vite, grâce au négoce et à l’armement maritime. Armant jusqu’à six navires simultanément, il est le principal armateur du port.

Sa réussite financière lui permet d’acquérir un gros patrimoine immobilier dans la ville et dans les campagnes voisines, où il possède vingt-cinq fermes. À la Révolution il dispose d’au moins 20 000 livres de revenu annuel. Il est alors le plus riche des bourgeois landernéens. Entré à la communauté de ville en 1775, maire en 1780-1781, il siège dans les assemblées municipales pendant trente ans. Républicain modéré, il traverse sans encombre la période révolutionnaire, pendant laquelle il s’acquitte sans réclamation des fortes contributions demandées aux plus riches. Célibataire, sans enfant, il s’éteint en juillet 1805. Il est inhumé au cimetière de Recouvrance à Brest. Il laisse une fortune supérieure à 200 000 francs.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité