De l’Algérie à l’Elysée via l’île de Sein

Auteur : Erwan Le Gall / juin 2020

C’est à la faveur des « événements » d’Algérie – il n’est alors pas question de parler de « guerre » – que Charles de Gaulle revient au pouvoir, en mai 1958. Le délitement de la IVe République et son incapacité à résoudre la crise qui sévit dans ce qui est alors un département français, au même titre que l’Allier ou les Bouches-du-Rhône, et non une lointaine colonie comme cette Indochine en guerre de 1946 à 1954, nécessite de recourir à un « homme providentiel » : qui autre que l’auteur de l’Appel du 18 juin peut ainsi « sauver une nouvelle fois la France » ?

Il est vrai que la Seconde Guerre mondiale est alors récente : la défaite de 1940 intervient 18 ans plus tôt, la Libération 14 et la capitulation sans condition du IIIe Reich 13 ans auparavant. Le conflit et ses blessures constituent donc un souvenir encore vif. Pour autant, la chronologie n’explique pas tout.

Le retour au pouvoir du général de Gaulle est en réalité savamment préparé depuis Colombey-les-Deux-Eglises. En témoignent un certain nombre de messages inoccement diffusés à l’attention de « l’opinion » pour installer l’homme du 18 juin dans les esprits. C’est ainsi que, le 28 avril 1958, 2 Sénans apportent à l’Elysée une pétition signée par l’ensemble des habitants de l’île, texte réclamant le retour au pouvoir du Général. La ficelle a beau être grosse, elle n’en a pas moins été efficace.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité