François Pleyer, figure historique oubliée du Stade Rennais

Auteur : François Prigent / octobre 2026

Joueur, entraîneur, secrétaire et directeur technique, François Pleyer (1911-1999) a tout connu au Stade Rennais. Pourtant, son histoire reste méconnue. Né le 23 janvier 1911 à Vienne, en Autriche, Franz-Emil Pleyer grandit bien loin de la Bretagne. Il évolue au sein du Brigittenauer Athletiksport Club (BAC). Fondé en 1925, ce club du XXe arrondissement de la capitale autrichienne (Brigittenau) monte en première division en 1926, terminant même second du championnat en 1927, année où l’équipe s’incline en finale de la Coupe d’Autriche, 5-0, contre l’Admira Vienne. Relégué en 1929, ce club de seconde zone dans l’espace viennois connaît son heure de gloire en étant vainqueur de la coupe d’Autriche contre Austria Vienne 1-0 en 1933, tout en étant dernier en championnat de D1.

Difficile à ce stade de nos recherches d’en savoir plus sur le niveau de participation de Franz Pleyer à ces matchs avec le BAC. Mais l’aura du jeu autrichien, et plus largement du style des équipes d’Europe centrale, favorise les recrutements de la part des clubs français, dont le Stade Rennais. Il y a d’ailleurs une petite colonie de joueurs autrichiens à Rennes durant cette période, dont Siedler, Schneider, Kaiser, Vollmeiler… Recruté à 22 ans, Franz Pleyer arrive fin 1933 au Stade Rennais Université Club (SRUC), présidé par l’industriel mosaïste Isidore Odorico. L’Ouest-Éclair du 19 novembre 1933 vante ainsi « l’avantage de bénéficier de l’appoint d’un joueur autrichien qui nous arrive précédé d’une grosse réputation et qui peut opérer indistinctement demi-centre ou arrière : Pleyer du BAC de Vienne ». Après quelques matchs amicaux en équipe 1B, en attendant sa qualification administrative, le défenseur autrichien fait ses débuts le 25 décembre 1933 contre Montpellier (défaite 1-2), avant d’inscrire un des deux buts de sa carrière bretonne, contre Fives le 13 mai 1934 (victoire 1-0). Pierre angulaire entre 1933 et 1939 d’une défense souvent malmenée (75 buts encaissés en 1934, 49 en 1935), il dispute en tout 208 matchs sous les couleurs rouge et noir (130 en D1, 60 en D2, 18 en Coupe de France). Il connaît les bonnes périodes, dont cette aventure en Coupe de France, soldée par une défaite en 1935 contre l’OM mais aussi les plus difficiles (saisons en seconde division en 1937-1938 et 1938-1939). En décembre 1936, il obtient sa nationalisation. Marié depuis le 8 avril 1937 à Marie Le Taboret (1910-1985), Rennaise originaire d’Ergué-Gabéric, ce personnage posé et réservé s’avère très inséré dans la vie sociale rennaise. Après son service militaire, à compter d’octobre 1937, il fait le choix de la francisation de ses prénoms (François Émile Pleyer) et appartient à ces Français naturalisés de l’armée française en 1939-1940. Prisonnier dans un stalag entre 1940 et 1944, François Pleyer voit la guerre mettre en partie un terme à sa carrière sportive. S’il rejoue 27 matchs lors de la reprise de la vie sportive en 1945-1946, puis 9 matchs la saison suivante, il se reconvertit entraîneur du SRUC, à seulement 34 ans. En 1949, sous sa férule, le jeu pétillant et offensif du Stade Rennais lui permet de finir 4e du championnat. Il est remercié en 1952, le club étant relégué en D2 l’année suivante.

Figure notable du Stade Rennais, il en devient l’un des garants de son identité, lui l’Autrichien de naissance. Tour à tour secrétaire, recruteur, formateur entre 1959 et 1970, il joue un rôle clé auprès de Jean Prouff, emblématique entraîneur du club, double vainqueur de la Coupe de France (1965, 1970).Après une brève expérience d’adjoint au Standard de Liège, il revient dans la capitale bretonne. Mémoire en partie oubliée du club, il meurt à Hyères, dans le sud de la France, le 3 septembre 1999.

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Auteur : François Prigent, « François Pleyer, figure historique oubliée du Stade Rennais », Bécédia [en ligne], ISSN 2968-2576, mis en ligne le 16/10/2026.

Permalien: http://bcd.bzh/becedia/fr/francois-pleyer-figure-historique-oubliee-du-stade-rennais

BIBLIOGRAPHIE

  • François Da Rocha Carneiro, Un peuple et son football. Une histoire sociale, éd. du Détour, Paris, 2024.
  • Capucine Lemaître, Daniel Enocq, Odorico, l’art de la mosaïque, éd. Ouest-France, Rennes, 2023.
  • Claude Loire, Le Stade Rennais fleuron du football breton (1901-1991), éd. Apogée, Rennes, 1994.
  • François Prigent, Les Soldats inconnus du Stade Rennais. 1914-1918, une histoire au ras des balles, éd. UAR, Rennes.

WEBOGRAPHIE

Site Rouge Mémoire compilant les données sur l’histoire du Stade Rennais.

 

 

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