L’adhésion des Bretonnes aux partis collaborationnistes

Auteur : Fabien Lostec / février 2019

La participation des femmes aux partis collaborationnistes implantés en Bretagne, dont les effectifs cumulés oscillent entre 600 et un peu plus de 800 individus, semble loin d’être négligeable. Même s’il convient d’être observé avec prudence car il rassemble des adhérents et des sympathisants, le public présent au congrès du PNB à Quimper en décembre 1941 est ainsi composé pour un tiers de femmes (40 des 120 personnes présentes). Toutefois, cette présence est très fluctuante selon les départements et, surtout, selon les mouvements comme le démontre l’étude de la cinquantaine de collaboratrices jugées dans les Côtes-du-Nord : 19 ont adhéré au RNP-MSR, 15 au groupe Collaboration et 9 au PPF. Les autres organisations, dont le parti franciste et le Pnb, ne comptent qu’une femme chacun. Nul doute que les fortes proportions observées au sein du RNP et du groupe Collaboration s’expliquent par leur intense propagande qui affirme qu’en les rejoignant, les femmes pourraient faire revenir un proche prisonnier de guerre. À l’opposé, la faible féminisation du PPF et du Parti franciste s’explique pour partie par leur caractère paramilitaire. Ces données doivent néanmoins être lues avec précaution car elles concernent le nombre d’adhésions et non d’adhérentes. Le second est toujours en deçà du premier car des femmes adhérent à plusieurs partis simultanément ou successivement. Ce phénomène des adhésions multiples peut être important comme en Loire-Inférieure où il concerne deux collaboratrices politiques jugées sur dix. Moins que l’instabilité de leurs convictions, une telle proportion démontre finalement la concurrence acharnée que se livrent les organisations collaborationnistes afin  de capter un nombre de sympathisantes très limité.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité