L’Unité Perrot

Auteur : Sébastien Carney / février 2019

L’Unité Perrot (en breton Bezen Perrot) est l’embryon de l’armée bretonne rêvée par Célestin Lainé, et l’aboutissement des multiples groupes paramilitaires qu’il a fondés depuis les années 1930, et des démarches qu’il a multipliées auprès des autorités allemandes toute l’année 1943, dans le but de créer une SS bretonne. C’est chose faite lorsqu’en novembre 1943, le SD de Rennes, en manque de soldats dans sa lutte contre la Résistance, demande à Lainé de lui fournir deux hommes, reconnaissant de fait la valeur de la troupe qu’il a formée.

Très vite, et en désaccord avec la direction du PNB, une unité est levée. Elle comprend des jeunes du Service Spécial (service militaire du PNB) ou des Bagadou-Stourm (troupes de combat, service de sécurité du PNB). Tous sauf Lainé signent un engagement dans l’armée allemande, touchent un uniforme du SD et casquette à tête de mort. La troupe se baptise du nom de l’abbé Perrot tué en décembre 1943 par la Résistance. Ce prêtre, mentor et protecteur de Lainé de longue date, condamnait cependant le paganisme de ce dernier. De fait, l’état-major de l’Unité est exclusivement composé de disciples de la foi celtique fondée par Lainé, éminence grise de la troupe.

L’unité est employée à la sécurité du SD, aux souricières, à la traque et l’interrogatoire de résistants. Elle est impliquée dans des incendies, pillages, représailles, tortures, déportations, exécutions sommaires, et dans le massacre collectif de Troyes, en août 1944. Début août 1944, sur les presque 80 hommes qu’a compté la troupe, une trentaine accompagnée de quelques civils (dont Roparz Hemon) s’est repliée en Alsace, puis en Allemagne. Certains soldats de l’Unité y suivent des formations de radio et sabotage en prévision de leur retour en Bretagne, ou intègrent la Waffen SS. En mars 1945 l’Unité est dissoute, deux mois après que Lainé ait lui-même endossé l’uniforme.

À la Libération, une partie des soldats est arrêtée et jugée. Deux sont condamnés à mort, d’autres aux travaux forcés. Certains restent en Allemagne, plusieurs se réfugient en Irlande grâce à la filière de faux papiers de Yann Fouéré.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité