La spécificité du collectage ethnobotanique

Auteur : Maëlle Mériaux / octobre 2017

Œnanthe safranée, dont la racine est toxique. Cette plante pousse dans les prairies humides notamment et peut causer la mort des bêtes qui en mangent. Photographie : La Liètt
Collecter les savoirs populaires sur les plantes ne nécessite pas, a priori, de connaissances particulières en botanique, mais plutôt une certaine rigueur, en s’assurant notamment que les végétaux dont on nous parle sont identifiables.

Il existe de nombreuses « confusions » dans le savoir populaire breton. C’est le cas notamment des mauves et guimauves, de plusieurs ombellifères, ou encore des renoncules et des géraniums : effet de mémoire ? Ou classification populaire différente de celle de la science ?

Une fois ces zones de flou repérées, il est d’autant plus important d’identifier les plantes citées. Ainsi, le collectage ne peut s’effectuer seulement en intérieur comme dans le collectage linguistique ou de répertoire musical, mais doit se faire aussi au-dehors, lors d’une balade au jardin avec la personne ressource par exemple. Dans ce cas, il est très utile de photographier les différentes plantes citées, ou encore d’en ramasser un spécimen que l’on peut faire sécher entre deux feuilles de cahier. Ce sont ces traces qui nous permettront ensuite l’identification, que l’on se mette soi-même à la botanique ou que l’on demande à des spécialistes. S’il n’est pas possible d’aller en extérieur, on peut alors faire venir l’extérieur à soi, en rapportant des plantes fraîches, ces dernières servant de support à la discussion, les photos et dessins des livres botaniques étant rarement suffisants.

La dernière question qui se pose est celle des savoir-faire anciens, qui nécessitent la réalisation de gestes pour être explicités. Dans ce cas, une démonstration de la part des personnes compétentes est la plus enrichissante, et filmer devient particulièrement intéressant.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité