La Sphaigne d’Austin

Auteurs : Bernard Clément - José Durfort / juillet 2018

La Sphaigne d’Austin est assez robuste, vert olive à vert-ocre, ou même marron dominant, formant des buttes assez compactes, qu’elle peut partager avec d’autres espèces de sphaignes ayant besoin comme elle d’une humidité permanente sans être en contact direct avec l’eau du sol. Elle porte des feuilles de rameaux présentant une extrémité en forme de capuche. Son identification formelle nécessite l’examen au microscope des cellules des différents types de feuilles.

C’est une sphaigne des tourbières du nord-ouest de l’Europe principalement alimentées par l’eau de pluie : tourbières formant localement des bombements au-dessus du sol, ou pouvant recouvrir différents reliefs, sous des climats océaniques très humides et frais. Les recherches scientifiques tendent à montrer qu’elle a été l’une des principales sphaignes à l’origine des tourbes ainsi formées. Mais elle est à présent en nette régression, sous l’effet des perturbations et destructions d’origine humaine de ces milieux, mais sans doute aussi du fait de changements climatiques relatifs à l’humidité, amorcés dès le Moyen Âge, et favorisant d’autres espèces de sphaignes.

En France, la Sphaigne d’Austin a toujours été excessivement rare, connue autrefois dans la seule tourbière de Logné en Sucé-sur-Erdre (44), où elle n’a pas été revue depuis très longtemps. Elle a été signalée aussi en 1984 dans la tourbière bombée du Venec en Brennilis (29), lors de l’étude scientifique réalisée en vue du classement de ce site en Réserve naturelle ; elle y a été retrouvée en 2010 lors de la réalisation d’une cartographie détaillée. Cette tourbière du Finistère est actuellement l’unique station française connue pour cette espèce.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité