Le rattachement longtemps mal accepté de Gourin et du Faouët à Vannes

Auteur : Alain Pennec / novembre 2016

En échange de trois paroisses vannetaises très proches de Quimperlé, (Rédené, Arzano et Guidel – mais cette dernière, à l’instigation du curé et des habitants, parvient finalement à rester dans le Morbihan), Vannes obtient trois paroisses cornouaillaises de l’intérieur, avec leurs trèves : Gourin, Langonnet et Le Faouët, dont la plus grande étendue est compensée par la moindre richesse. Si un grand chemin mieux entretenu relie cette dernière ville à Hennebont, les liens sont forts avec Quimperlé ou Quimper, commerciaux, culturels et linguistiques, humains. Liens qui persistent ; assez significative est par exemple l’adoption de la coiffe de Scaër (Giz Fouen) vers 1900 par les Faouëtaises.

Après 1790 donc et pendant une cinquantaine d’années, le département du Finistère, le district ou l’arrondissement de Quimperlé ou Le Faouët lui-même, réclament à plusieurs reprises leur rattachement. Quimperlé y a également intérêt, car sa petite sous-préfecture est menacée régulièrement de disparition. Les échanges vont très loin au début des années 1830. Mais le Morbihan s’estime toujours lésé dans la délimitation de 1790 et rien ne se fait, hormis, en 1857, le rattachement à Quimperlé de la petite enclave de Locunolé. Vannes renforce peu à peu l’intégration de ce territoire cornouaillais. Vers 1900, il empêche la construction d’une voie ferrée directe, pourtant réclamée par Le Faouët et Quimperlé. Aujourd’hui, le nouvel axe routier vers Carhaix et Roscoff poursuit le même objectif. Une petite compensation : l’inclusion du Faouët dans la route des Peintres de Cornouaille !

Délimitation entre les départements de Vannes et de Quimper en 1790