Le siège de Brest

Auteur : Dimitri Poupon / avril 2024

Au moment du débarquement sur les plages de Normandie, les forces alliées ne disposent pas de port en eau profonde pour débarquer troupes, matériels et munitions. L’objectif est donc de s’emparer le plus rapidement possible du port de Cherbourg, à la pointe du Cotentin. Mais sa prise prend plus de temps que prévu. De plus, les Allemands ont dynamité ces infrastructures. Par conséquent, lorsque les troupes de la IIIarmée du général George Patton enfoncent le front de Normandie à la fin de juillet, l’un des objectifs est de s’emparer du port de Brest, beaucoup plus grand que celui de Cherbourg. La prise de la Bretagne permettra également de sécuriser le flanc ouest de l’armée alliée.

Patton ordonne donc au général Troy Middleton de prendre Brest le plus rapidement. Ce dernier charge alors à sa 6e division blindée de foncer vers la cité du Ponant et de s’emparer du port intact. Mais la ville, transformée en Festung (forteresse), est puissamment défendue par l’armée allemande. Plusieurs unités de la Wehrmacht ont réussi à s’y replier. Partie de l’Ille-et-Vilaine la 4 août, la 6e DB est à Plabennec au soir du 6. Le lendemain, la division subit un feu nourri de la part de l’artillerie allemande ce qui lui empêche toute progression. Un assaut devient dès lors compliqué car la 6e DB ne peut s’emparer seule de la ville. Le commandement américain fait alors appel à trois divisions, cette fois-ci d’infanterie, pour venir à bout de la ville et de sa garnison. Entre-temps, la municipalité fait évacuer les derniers Brestois encore présents dans la ville.

Brest. Eglise Saint-Louis en ruines après les bombardements, 1944. Carte postale. Editions G.Artaud-Gaby. Source : Archives municipales de Brest.

La progression américaine est rendue très difficile en raison des fortifications et des lignes de défense de l’occupant, qui connaît parfaitement le secteur et tire avantage de la géographie de terrain, c’est-à-dire un bocage fait de haies et de petits champs qui rendent toute progression de blindés quasiment impossible. Les bombardements aériens sont également inefficaces et seule l’artillerie arrive à venir à bout des positions allemandes. Le siège, commencé le 7 août, prend fin le 18 septembre. La ville est détruite à plus de 90 %. Les troupes américaines accusent la perte de 4 000 GI’s. Quant aux Allemands, ils dénombrent environ 5 000 morts et plus de 13 000 blessés ainsi que 38 000 prisonniers. Finalement, le port de Brest, trop endommagé, ne sera pas utilisé par les Alliés.

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Auteur : Dimitri Poupon, « Le siège de Brest », Bécédia [en ligne], ISSN 2968-2576, mis en ligne le 23/04/2024.

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