Les frustrations de Carhaix

Auteur : Alain Pennec / novembre 2016

Lors des élections aux états généraux, Carhaix est regroupée avec quatre autres sénéchaussées, et les deux députés sont un Quimperlois et un Castellinois. Absente à Paris et mal informée, la ville ne peut empêcher que la délimitation départementale qui frôle ses faubourgs ne la coupe de son arrière-pays (sénéchaussée). Ses arguments sur la petite taille de Rostrenen, « incapable de former un district », ou sur la différence linguistique de Saint-Brieuc arrivent trop tard. Le sentiment d’injustice est d’autant plus fort qu’une erreur cartographique sépare la trève de Tréffrin (170 ha) de sa paroisse mère, restée finistérienne. Pendant que l’affaire traîne et remonte à Paris en 1796, une véritable guérilla administrative permet à Carhaix… d’arracher le village frontalier de Kervoazou.

Fragilisée par la départementalisation, Carhaix persiste à réclamer Callac et Maël-Carhaix, qui sont d’accord. Sous le Consulat, puis sous l’Empire, la ville revendique la sous-préfecture de Châteaulin, puis espère former un arrondissement dans le département projeté du Blavet, centré sur Napoléonville (Pontivy)… en vain. En 1817-1818, tenace, le maire de Carhaix imagine un nouvel arrondissement finistérien prenant sur Châteaulin, Gourin, et Rostrenen, désormais d’accord. Le Morbihan accepte (mais en gardant Langonnet, siège des haras). Hélas, Saint-Brieuc et le ministre de l’Intérieur s’y opposent. Jusqu’aux années 1840, le Finistère continue cependant de réclamer le rattachement de Gourin et du Faouët.

Depuis les années 1990, Carhaix a continué d’œuvrer pour fédérer le bassin de vie Centre Ouest Bretagne sur les trois départements, dans le GALCOB puis le COB, et à son échelle pour étendre sa communauté de communes sur le département voisin.

Partage de la sénéchaussée de Carhaix entre départements de Saint-Brieuc et de basse-Bretagne 1790

 

Proposé par : Bretagne Culture Diversité