Les survivants du Lancastria échappent in extremis aux Allemands

Auteur : Hubert Chémereau / juin 2019

Sous la menace de l’arrivée imminente de la Wehrmacht, les Britanniques redoublent d’efforts pour embarquer leurs derniers Tommies et les lambeaux de l’armée polonaise. On assiste alors à un grand élan de solidarité de la part de la population qui se presse sur les routes pour indiquer le chemin aux détachements militaires britanniques égarés souhaitant se rendre au port par les marais de Brière, le pont de Méan qui relie Nantes à Saint-Nazaire ayant été détruit pour ralentir les Allemands. À la sortie de la ville, d’autres Nazairiens leur indiquent le chemin à suivre pour aller au port du Croisic, où il est aussi possible de rembarquer. Le lendemain du naufrage, c’est encore une vingtaine de navires qui mettent le cap sur la Grande-Bretagne avec des rescapés du Lancastria et les derniers détachements britanniques arrivés dans la nuit.

Le 21 juin au matin, alors que les premières unités allemandes sont signalées aux abords de Saint-Nazaire, le HMS Punjabi fait une ultime ronde dans la rade, attendant les derniers traînards. L’appel au sifflet est entendu dans un quartier du port désert et une ville figée par la peur. Les derniers détachements polonais arrivent au Croisic où les pêcheurs bretons se mettent spontanément à leur service, pour les emmener vers trois torpilleurs polonais au mouillage et en partance pour l’Angleterre. Dans les années d’après-guerre, les navires de la Royal Navy de passage à Saint-Nazaire ne manqueront jamais l’occasion de saluer les pilotes de Loire pour le courage dont ils firent preuve lors de ces terribles journées de juin 40.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité