Louis-René de Caradeuc de La Chalotais (1701-1785)

Auteur : Gauthier Aubert / novembre 2016

Issu d’une famille de la noblesse parlementaire enracinée entre Rennes et Dinan, celui que l’on appelle le plus souvent « La Chalotais » commence à se faire connaître en devenant en 1752 procureur général au parlement de Bretagne, c’est-à-dire un des principaux représentants du roi dans la province. À ce titre, il occupe une place capitale dans la « police » (administration générale), développant des idées caractéristiques des Lumières dans de nombreux domaines, et exprimant une approche favorable à un pouvoir royal fort. Acteur majeur de la jeune Société d’agriculture de Bretagne (la première de France, créée en 1757), il se fait également agronome et défend les idées favorables à la libéralisation du commerce des grains. Sa gloire commence à dépasser la Bretagne en 1761, quand il rédige et rend public un compte rendu des Constitutions des Jésuites, et joue un rôle dans le processus qui conduit à leur expulsion du royaume. Sur cette lancée, il publie en 1763 un fameux Essai d’éducation nationale – terme qu’il invente – dans lequel il s’oppose à l’instruction du peuple et se montre favorable à des collèges moins dépendants de l’Église que de l’État. Voltaire applaudit. Alors qu’il se rêve probablement ministre de Louis XV, La Chalotais se trouve emporté dans l’affaire qui porte parfois son nom et au cours de laquelle il se révèle un fervent partisan de la défense des privilèges de la Bretagne. Après l’affaire, il reprend sa place au parlement, jusqu’à sa mort. Sa vie illustre les chemins complexes de ce que furent les Lumières en Bretagne.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité