Testament de Claude, duchesse de Bretagne

novembre 2016

Portrait de Claude de France (1499-1524)

 

Le testament de Claude, duchesse de Bretagne a été rédigé le 26 juillet 1524.

Le nom de Dieu préalablement appellé, scavoir faisons à tous présens et avenir que très haulte et très puissante et très excellente dame Claude, par la grâce de Dieu, royne de France, duchesse de Bretagne, comtesse de Bloys de Montfort, d’Estampes, de Soissons et de Vertus, dame de Coucy, saine d’entendement, malade en son lict a faict et ordonné son testament ou ordonnance de dernière volonté en la forme qui s’ensuit :

Premièrement elle a recommandé son âme à Dieu notre Créateur, père et rédempteur, à la glorieuse sacrée Marie et à toute la court céleste de paradis, a voulu son corps estre ensépulturé où il plaira au roy, son très cher très amé seigneur et espoux, et ses obsèques et funérailles estre faictes au plain discrétion et volonté dudit seigneur et a institué et institue son héritier universel en tous chacuns ses biens meubles et immeubles en quelque part ou lieux qu’ils soient situés ou assis son trèscher et très amé fils aisné François, Daulphin de Viennois et duc de Valentinois et après son déceds ses hoirs masles procreez de loyal mariage perpétuellement tant que sa lignée droite durera le droict d’aisné et primogéniture de l’un à l’autre successivement garder et observer et si la lignée masculine de sondit fils aisné le seigneur Daulphin venoit à faillir que Dieu ne veuille sans hoirs masles, veult ladite Dame iceux biens parvenir delors à nos cher et très amé filz Henry duc d’Orléans son second fils si lors est en vie et en deffault de luy à ses enfans masles survivants successivement, ledict droict d’aisnesse et primogéniture gardé et si la ligne masculine de son second fils Henry, duc d’Orléans, venoit à faillir que Dieu ne veuille, veult ladite Dame iceux biens parvenir trèscher et très amé fils Charles duc d’Angoulesme, son troisième fils, 

si lors est en vie, et en deffault de luy à ses enfans masles survivants successivement le droit d’aisnesse et primogéniture tousiours gardé et observé de l’un à l’autre comme dessus est dict tellement que le survivant masle en droict de aisnesse, primogéniture et représentation gardez, succède perpétuellement l’un à l’autre et a ladite dame institué lesdits trèschers et amez, c’est à scavoir ledict Henry, duc d’Orléans, Charles, duc d’Angoulesme et Charlotte, Magdelaine et Margueritte à telles parts et portions qui le doivent compéter et appartenir par les coustumes des lieux où lesdits biens sont situez et assis, et desquels elle n’auroit pu disposer en faveur de sondit fils aisné,

Plus a voulu et veult ladite Dame que le roy son trèscher et très amé seigneur espoux soit usufrutaire et jouisse entièrement de tous lesdits biens sa vie durant, luy recommandant ses serviteurs, lesquels elles veult et ordonne estre payés de leurs gaiges pour un an entier, aussy laisse et donne à damoiselle Ysabeau Picart dite (en blanc) de sa chambre en faveur des bons et agréables services qu’elle luy a faictes pendant sa maladie la somme de 10 000 l. pour mariage,

Outre a ordonné que tous ses créanciers fussent payés et mesmement ceux de son argenterie et chambre aux deniers, pareillement que la lettre qu’elle a par cy devant signée et fait bailler à Maître Clérembaut Leclerc touchant l’estats de sa maison et menus plaisirs ait lieu et sorte effet,

Davantage veult et ordonne estre donné et distribué aux pauvres le jour de son enterrement la somme de mil escus et fait et ordonne son exécuteur le roy sondit seigneur et espoux lequel elle supplie très humblement vouloir commettre tel personnaige qu’il luy plaira pour l’exécution et accomplissement de ce présent testament et ordonnance de dernière volonté, lequel testament ladicte Dame auctorisée et ayant pouvoir de ce faire du Roy nostre sire, sondit seigneur et espoux, comme nous a esté deuement apparu par lettres patentes signées de luy et scellées de son grand scel et signées Robertet, l’un de ses notaires et secrétaireset consenty au chastel de Bloys le 26e jour de juillet l’an 1524 environ deux heures après minuit es mains de nous Gilles Commacre, notaire et secrétaire du Roy, nostredit sire et de sadite Same, aussy notaire apostolicque et impérial et de Guillaume Le Gros, semblablement notaire apostolicque près l’évesque et duc de Langres, pair de France, son grand aumosnier, frère Louis Chantereau de l’ordre Saint-Augustin, abbé de Meslinais, son confesseur, Raoul Hurault, chevalier et seigneur de Cheverny, général de France et des finances de ladite Dame, François Thiery, conseiller maistre d’hostel du Roy et de ladite Dame..., Charles de Bornes, maistre d’hostel, Léonard de Castillo..., premier valet tranchant de ladite Dame, tesmoigns à ce requis et appellés. Ainsi signé Commacre et Le Gros.

 

Bibliothèque Médicis, manuscrit 1984

Proposé par : Bretagne Culture Diversité