La Sphaigne de La Pylaie

Auteurs : Bernard Clément - José Durfort / juillet 2018

La Sphaigne de La Pylaie ne porte pas en tête, comme les autres sphaignes, des rameaux serrés à l’aspect étoilé ; elle se présente comme une mousse d’aspect assez filiforme, couchée sur le substrat, le plus souvent de couleur brun rougeâtre à noirâtre. Ses feuilles ovales sont assez serrées sur la tige principale d’où partent souvent quelques petits rameaux courts, uniques ou groupés par deux, et garnis de feuilles plus réduites. Comme pour toutes les sphaignes, elle ne dispose pas d’organe de fixation, et le tissu de ses feuilles est constitué par un réseau régulier de deux types de cellules : des cellules vivantes étroites et en connexion les unes avec les autres, entre lesquelles s’intercalent des cellules vides qui emmagasinent de l’eau. À la loupe, ces cellules vides sont à peine plus larges que les cellules vivantes, alors qu’elles le sont plus nettement pour les autres espèces.

Cette sphaigne occupe les parties naturellement les plus rases ou basses des landes humides et tourbières, dans des dépressions porteuses d’une mince lame d’eau en hiver, et où la concurrence avec d’autres espèces végétales reste limitée du fait de la faible disponibilité des éléments nutritifs dans ces milieux.

Sa grande particularité en Europe est d’être confinée à deux microrégions sous très forte influence océanique : les Asturies et surtout la Galice pour l’Espagne, et la Basse-Bretagne en France. Sa reproduction sexuée n’est y pas connue. Une régression de ses populations bretonnes durant les dernières décennies a été constatée. Elle est aujourd’hui une espèce protégée en France, et une espèce d’intérêt européen dont la conservation est un objectif de l’Union européenne, notamment par le réseau de sites Natura 2000.

La Sphaigne de La Pylaie - Photo José Durfort

Proposé par : Bretagne Culture Diversité