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Croissance urbaine, étalement urbain, inégalité socio-spatiales : le fait urbain en Bretagne

Les inégalités spatiales en Bretagne ne sont pas nouvelles

Longtemps l’opposition littoral/intérieur (Armor/Argoat) a prévalu, de même que la disparité entre la côte nord, très peuplée durant des siècles, et le littoral sud, beaucoup moins dense. Mais la vraie rupture dans l’équilibre traditionnel des territoires naît dans les années 1960 avec la volonté du CELIB de retenir la forte émigration des jeunes vers la région parisienne en la contenant dans les villes orientales de Rennes et Nantes. En résulte un déséquilibre profond entre Haute et Basse-Bretagne, perceptible au début des années 1990 (cf. Géographie et Aménagement de la Bretagne, premiers articles à évoquer cette rupture) et qui, depuis, ne cesse de se renforcer.

Par ailleurs, au cours de ces cinquante dernières années, le fait urbain s’est amplifié, concentrant les populations, polarisant les territoires. Désormais, près de 75 % de la population bretonne vit en ville ou dans les zones périurbaines (34 % en 1946 ; 50 % dans les années 1960). Mais l’absence actuelle de politique d’aménagement, l’inféodation des territoires aux règles et dynamiques du marché accentuent aujourd’hui ce caractère urbain devenu métropolitain. Un profond déséquilibre spatial s’affirme désormais de part et d’autre d’un axe St-Malo/Lorient, opposant une Bretagne urbaine à l’est (axe St-Malo/Rennes/Nantes-Saint-Nazaire) et une Basse-Bretagne délaissée, hormis autour de Brest. Un autre clivage s’impose entre l’intérieur et le littoral sud. Là, les effets d’un tropisme littoral transforment les villes moyennes allant de Quimper à Vannes en une immense conurbation de près d’un million d’habitants.

Ces concentrations de populations, ce fait métropolitain prégnant, sa dilatation à la périphérie qui amplifie les aires urbaines nous font oublier que près des 2/3 de la population bretonne vit cependant encore dans des communes rurales ou des villes petites ou moyennes. C’est là encore une originalité de la région : en dépit de cette croissance « métropolitaine » la Bretagne reste encore un territoire au peuplement varié, aux campagnes encore bien vivantes (densité moyenne des zones rurales rarement inférieure à 25 h/km2).  Mais les déséquilibres spatiaux se sont multipliés, amplifiés, créant entre populations de Bretagne des inégalités sociales et d’équipements parfois insupportables. Un réel réaménagement du territoire breton s’impose.