Erika

Auteur : Tudi Kernalegenn / décembre 2016

L’Erika, pétrolier affrété par la société Total, fait naufrage le 12 décembre 1999 au large de la Bretagne. Il transporte 31 000 tonnes de fuel lourd. Le 23 décembre, les premières nappes atteignent la côte bigoudène puis touchent, au fil des jours, toute la côte allant du Finistère à la Charente-Maritime. Pour lutter contre la pollution, les autorités décident de pomper la cargaison. Si le pompage commence en décembre 1999, il ne peut être conclu qu’au cours de l’été 2000.

Dès la fin décembre 1999 les bénévoles s’organisent pour nettoyer les plages et sauver les oiseaux qui peuvent l’être – le nombre d’oiseaux morts est estimé à plus de 150 000. Des collectifs plus contestataires s’organisent aussi dans de nombreuses villes (Quimper, Lorient, Vannes, Nantes, etc.), regroupant aussi bien des partis politiques, des syndicats que des associations environnementalistes. Ces collectifs se structurent rapidement en une Coordination marée noire, qui organise plusieurs actions et manifestations. La manifestation du 5 février 2000 à Nantes réunit ainsi entre 20 et 40 000 personnes.

Après sept ans d’enquête, le procès de l’Erika a lieu du 12 février au 13 juin 2007. Le 16 janvier 2008, le tribunal correctionnel de Paris reconnaît le groupe Total, l’armateur Giuseppe Savarese, le gestionnaire Antonio Pollara et l’organisme de certification du navire, Rina, coupables du délit de pollution maritime, les condamnant à verser solidairement 192 millions d’euros de dommages et intérêts aux parties civiles (État, collectivités locales, associations de protection de l’environnement). Le jugement reconnaît pour la première fois le préjudice écologique. Cette condamnation est confirmée par la cour d’appel de Paris le 20 mars 2010, puis validée par la Cour de cassation le 25 septembre 2012.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité