Haie, talus, fossé, champs : des habitats complémentaires favorables à la biodiversité.

Auteur : Alain Butet / septembre 2019

L’existence d’un fossé, d’un talus et de zones enherbées déterminent l’hétérogénéité des habitats liés aux haies bocagères. La présence de plusieurs strates de végétation, de bois mort, de souches, de cavités rupestres sont autant de micro-habitats influençant la diversité des espèces végétales et animales présentes dans ces haies. Certaines espèces animales y réalisent tout leur cycle biologique, d’autres ne sont là qu’une partie de l’année pour hiverner ou se reproduire. Si certaines espèces sont strictement inféodées aux haies ou à la matrice agricole comme c’est le cas dans les communautés de carabes ou des petits mammifères, d’autres utilisent les parcelles adjacentes de manière complémentaire aux habitats de la haie. Ainsi, certains passereaux qui nichent dans les haies nourrissent leur nichée à partir d’insectes et de larves collectées pour partie dans les parcelles. Les mulots, très abondants dans le bocage et ressource principale de nombreux prédateurs, passent l’hiver dans les haies puis colonisent les cultures en fonction de leur stade phénologique. On constate ainsi un pic d’abondance dans les céréales au moment de l’épiaison puis une colonisation des maïs après la moisson avant un retour marqué dans les haies à l’automne. Ces nombreux échanges entre la haie et l’espace cultivé permettent aussi aux espèces d’insectes auxiliaires de jouer leur rôle de pollinisateurs ou de régulateurs des ennemis des cultures.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité