La forêt et les forges de Lanouée

Auteur : Victorien Leman / mai 2020

Plusieurs documents issus du fonds du prieuré Saint-Martin de Josselin se font l’écho de profonds bouleversements amenés par l’installation de forges en forêt de Lanouée par le duc de Rohan au milieu du XVIIIe siècle. Les moines se plaignent alors de la protection et de l’inflation dont le bois, matériau éminemment essentiel au fonctionnement de forges et nécessaire en grande quantité, est victime, les empêchant notamment de faire fonctionner leur four banal. Or, le village de La Boulaie, à proximité duquel se trouve la chapelle Sainte-Marguerite, est au XVIIIe siècle en plein milieu des bois, ce qui devait sans doute entraîner une relative paralysie économique de ce secteur. Il est donc tout à fait possible d’envisager que les moines de Saint-Martin de Josselin aient pu trouver un accord avec le duc de Rohan pour transférer la chapelle, et les rentrés de la dîme qui en dépendaient, plus au sud. Ceci aurait permis aux moines de continuer à percevoir leurs revenus et aux Rohan de s’assurer pleinement la mainmise sur l’espace forestier.

p>Les causes du déplacement de la chapelle au XVIIIe siècle sont donc multiples, mais plus d’ordre économique que véritablement cultuel. Tout d’abord, les revenus des dîmes de la chapelle semblent ne pas cesser de chuter pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, signe d’une localisation de moins en moins rentable pour cette unité de perception fiscale. La mise en place de l’activité métallurgique, au XVIIIe siècle, entraîne une véritable spéculation sur les espaces boisés et vraisemblablement la densification de ceux-ci, en particulier au nord de Pleugriffet. Enfin, il ne faut pas exclure la volonté de reconstruire un bâtiment plus récent, à l’image d’autres chapelles des alentours.

 

Proposé par : Bretagne Culture Diversité