Nantes foyer jacobite actif

Auteur : Hubert Chémereau / juin 2020

Antoine Walsh fait fortune dans la traite négrière et la guerre de course. Les Walsh, issus d'une grande famille irlandaise de Waterford, font souche à Nantes, Saint-Malo, Port-Louis et Saint-Nazaire. Les premières implantations irlandaises en Bretagne suivent la défaite des forces gaéliques à Kinsale en 1601, avec jusqu'en 1633 une très forte proportion d'immigrants issues du comté de Cork et du Kerry. Dans les registres paroissiaux ils sont régulièrement nommés « Irois » ou « Hibernois de nation ». Plusieurs dizaines de milliers d’Irlandais vont ainsi s’installer en Bretagne sur une période de 150 ans. Au cours du XVIIIe siècle, la prospérité des armateurs irlandais de Nantes est intimement liée à leurs plantations de Saint-Domingue.

La première révolte jacobite reçoit l'appui des Irlandais de Bretagne et spécialement des grandes familles irlandaises de Nantes. Les Irlandais jacobites s’installent en Bretagne du fait d’une certaine proximité géographique mais aussi pour les potentialités de l'économie maritime. Une élite se fixe ainsi dans les ports bretons et spécialement à Nantes et Saint-Malo. Au XVIIIe siècle, le commerce maritime des exilés irlandais prospère sur le continent européen avec pas moins de soixante maisons de commerce, dont douze à Nantes qui est le premier port d'attache de leur flotte. On trouve également une petite communauté irlandaise au Croisic liée au commerce du sel.

Le clergé irlandais en exil fonde à Nantes, en 1695, l’un des premiers collèges irlandais du continent. L’influence de ces Irlandais dans la société nantaise grandit à l'exemple de cette « franc-maçonnerie des ports » qui se développe sous leur impulsion avec la fondation d’une loge à Nantes en 1746. La création de la loge nantaise de rite écossais est précédée par celles de Brest et de Lorient. L'influence jacobite dans la franc-maçonnerie du continent va progressivement s'effacer avec la fin des Stuarts et les revers des Irlandais face à la puissance britannique qui resserre son emprise sur la verte Erin.

La dernière révolte jacobite marque la fin de l'immigration irlandaise en Bretagne. Comme le souligne l’historien Jean Guiffan « à Nantes les demandes de naturalisation cessent presque complètement après 1760 ». Des Irlandais de Bretagne vont continuer le combat contre l'Angleterre sur les champs de bataille d'Europe et sur les mers.

Proposé par : Bretagne Culture Diversité