Du "ciraije" ao cirë

Un opton q'il ét métier d'avair su le côrp, su la mè come su la terre
Ecrit par : Pascal Aumasson / Mâ 2024

Orinë de hanes de tarvâil atanches fèt o du Nylon e du Polyester (PVC), qe l'atanchetë de la coudrie ét fète, yelle, o de la soûde a chaod, pés o la tecnolojie de haote freqence, le cirë Guy Cotten ét ben de la qenûe des paichous e des laiziriérs. Le cirë-la terouit fôt a gagner d'avair të ennouviaozë reglèment en pus d'ene permouvance ben menée, o le logo de 1974 du fezi du grafist Alain Le Quernec. Le cirë Guy Cotten s'orine du "ciraije" de d'aotrfai, ene afutiao coutumier qe n-i avaet den le troussè és paichous.

François Folgoas, gagnou de la courerie d'ardour hanée. Ar Gelveneg, 1903

 

Ces « cirages » étaient fabriqués en coton écru très solide. Leur imperméabilisation résultait de trempages successifs dans un bain d’huile de lin suivi d’un séchage en plein air sur des tables en planches disjointes pour permettre une bonne circulation de l’air. Leur grosse toile écorchait les mains des couturières, blessées également par l’aiguille qui pénétrait difficilement le tissu et finissait par s’enfoncer dans les doigts. À force de frotter sur la peau des marins, elle créait aussi des lésions cutanées : les « fleurs d’Islande ».

Quand ils n’étaient pas portés par les travailleurs à terre, sur des chantiers ou dans les champs, les « cirages » habillaient les marins sur les bancs morutiers d’Islande et de Terre-Neuve, comme ceux qui embarquaient à la pêche côtière partout en Bretagne. Le « cirage » était alors superposé à leur chemise, leur tricot de laine, leur vareuse et leur pantalon de toile.

Ciré en toile huilée. Beuzec-Cap-Sizun. Début 20ème siècle. Collection JN Duchemin.

L’accaparement des cirés par les yachtmen pour la Belle plaisance dans les premières années du XXe siècle, se suit au sein des catalogues de vêtements tout confectionnés qui leur étaient destinés. Pastichant les hiérarchies de la Marine nationale, les « vêtements pour officiers et propriétaires » bénéficiaient de doublages confortables appliqués sous les tissus caoutchouc : flanelle à l’intérieur de vêtements en peau noire ; satinette à l’intérieur du pantalon

Aujourd’hui, le ciré jaune est devenu le vêtement de mer par excellence. Il fait la prospérité de la société Guy Cotten, qui commercialise aujourd’hui plus de 80 % des vêtements de pêche professionnelle en France.

 

NOMER L’ARTICL-LA

Ecrit par : Pascal Aumasson, « Du "ciraije" ao cirë », Bécédia [en ligne], ISSN 2968-2576, mis en ligne le 14/03/2024.

Permalien: http://bcd.bzh/becedia/go/du-ciraije-ao-cire

Perpôzë par : Bretagne Culture Diversité